61 espèces au menu des Pèlerins !

Les Faucons pèlerins sont de super-prédateurs – donc situés au sommet de la chaine alimentaire. Ils sont par excellence des chasseurs aériens, captureurs (quasi) exclusifs d’oiseaux saisis en vol.

C’est l’heure des bilans, les fauconneaux de Bruxelles et d’Uccle prennent progressivement leur premier envol. Ils vont bientôt échapper à nos observations attentives… C’est donc l’heure des bilans.

Les systèmes de caméras, de transmission en streaming et d’enregistrement nous permettent d’observer en détail la croissance des fauconneaux, leurs comportements et bien entendu celui de leurs parents. Mais le programme nous permet également d’observer, de répertorier les proies dont se nourrissent les Pèlerins et donc d’étudier leur écologie alimentaire. Les résultats sont impressionnants ! Depuis les premières observations réalisées à la cathédrale des Saints Michel et Gudule en 2004 (année d’installation des faucons), ce ne sont pas moins de 61 espèces d’oiseaux qui ont été identifiées au menu des Pèlerins ! Et cela uniquement pour le couple installé à la cathédrale. Au moins une 62ème espèce a été identifiée, à l’église Saint Hubert de Boitsfort.

Cette année, 3 nouvelles espèces ont été découvertes : un Chevalier arlequin, un Grand Gravelot et au moins deux Moineaux domestiques. Les deux premières espèces ne sont que de passage à Bruxelles. Le Chevalier arlequin niche au plus près en Scandinavie. Quelques rares couples de Grands Gravelots nichent en Belgique, mais l’essentiel de la population niche des Iles britanniques aux rives de l’Océan arctique. Le Moineau domestique est un résident bruxellois et il est en fait étonnant qu’il n’ait été décelé plus tôt au menu des Pèlerins.

Parmi les 61 espèces, la famille la plus représentée est celle des limicoles avec 18 représentants. Soit quasi un tiers des espèces-proies répertoriées ! La proie la plus lourde enregistrée est le Pigeon ramier qui avoisine les 500 g. Mais l’observation de captures de Ramiers est absolument exceptionnelle. Et pourtant, il est (super) abondant à Bruxelles. On peut donc en conclure que son poids est trop élevé  pour les Pèlerins. Du moins durant la période de reproduction, lorsque le faucon ne doit pas « simplement » capturer une proie, mais doit également la rapporter jusqu’à son nid. Les plus grosses proies « normales » avoisinent les 350 g. Il s’agit des Bécasses des bois et des Pigeons domestiques. Deux espèces de plus grandes tailles ont été observées, la Buse variable et la Corneille noire. Mais dans ce cas, il s’agissait d’attaques territoriales et non de captures « alimentaires ».

Les petites proies (30 g) ne sont certainement pas dédaignées. On en compte 13 espèces répertoriées, de la Linotte mélodieuse à la Rousserolle effarvatte, en passant par la Bergeronnette printanière et la Fauvette babillarde.

Le régime alimentaire des Faucons pèlerins est donc particulièrement diversifié. Ce qui lui assure probablement un succès de reproduction important, puisque l’alimentation des fauconneaux ne dépend pas d’une seule source de nourriture.

Et que dire des capacités exceptionnelles de chasseurs des Faucons pèlerins puisque les Martinets noirs, parmi les plus rapides et les plus agiles oiseaux qui sillonnent le ciel européen, figurent également régulièrement à leur menu comme en témoigne la vidéo en annexe. Egalement ci-joint, le moment où le mâle Pèlerin ramène en pleine nuit un Grand Gravelot et le plume consciencieusement.

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